Caulier
1.
La Brasserie Caulier à Neufvilles
Mes informations les plus anciennes
concernent une brasserie « Caulier »
située à l’angle de la rue Caulier et de la rue Centrale à Neufvilles (Soignies). Dans un
historique de cette commune, on pouvait lire « Le centre de Neufvilles fut
longtemps prospère. Dès 1842, la
brasserie Caulier s'y établit pour délivrer de la bière dans la commune et les villages
environnants. En 1890, la brasserie Caulier était réputée

pour être la seule industrie
travaillant sur le territoire communal. » Une splendide publicité
murale pour la « Caulier 28 » existe d’ailleurs toujours dans ce
village. Voici ce qu’en dit un Neufvillois, Monsieur
Boisdequin : « La brasserie Caulier
(Monsieur Caulier fut bourgmestre de Neufvilles) dont le siège était à
Neufvilles à l'angle de la rue Caulier et de la rue Centrale a été démolie en
1938 pour partir à Mons [ndr :
voir point 2 ; si l’on s’en réfère à la carte postale représentant la
salle de mouture de la brasserie “Caulier Frères” à Mons et datant de 1906, la
brasserie y était installée bien avant la destruction de celle de Neufvilles en
1938 ; on peut donc se demander s’il s’agit d’une autre brasserie ou d’un
autre siège de la brasserie de Neufvilles ???]. Ensuite, elle
s'est installée à Bruxelles (rue Henri) [ndr : il s’agit en fait de la rue
Herry – voir ci-après, au point 3 – où une brasserie « Caulier »
s’établit entre 1873 et 1875 ; ici aussi la même question se pose :
s’agit-il d’une autre brasserie ou d’un autre siège de la brasserie de
Neufvilles ???]. Le 29 mai 1964, la brasserie a fusionné avec
IMPERIAL et LABOR pour devenir BRASSICO à Ghlin. Une brasserie Caulier
existerait encore à Péruwelz [ndr : en effet, la brasserie « Caulier »
est toujours en activité, mais il n’y a aucun lien direct avec les anciennes
brasseries disparues. Toutefois cette brasserie a récemment recommencé à
produire une « Perle Caulier » suivant la recette de
« l’ancienne Brasserie Caulier qui ferma ses portes vers la fin des années
septante ».] » (source :
site : http://site.ifrance.com/PHOTONAGUERE/nercico.htm)
2. La Brasserie Caulier à Mons
Je possède très
peu d’informations au sujet de la brasserie « Caulier » à Mons, si ce
ne sont deux photos (voir ci-contre) et un extrait de la liste des registres de commerce qui
semblent montrer que les trois brasseries (Neufvilles, Mons et Bruxelles) ont
existé ensemble pendant un certain temps. Extrait de la liste des
registres de commerce :
|
633 |
HRB |
CAULIER |
BRUSSEL
(LAKEN) |
|
804 |
RCM |
CAULIER |
MONS |
|
933 |
HRB |
CAULIER |
BRUSSEL
(LAKEN) |
|
73640 |
RCM |
CAULIER |
GHLIN |
|
75916 |
RCM |
CAULIER |
GHLIN |
(source
« BES » : http://users.pandora.be/label.service/index.htm)

3.
La Brasserie Caulier à Bruxelles
Entre 1873 et 1875, le brasseur E. Caulier-Sapin s’établit à
Bruxelles, dans le quartier Nord, près de l’église St-Roch (rue Herry 31 -
maintenant disparue – entre la Chée d’Anvers et l’avenue de l’Héliport). En 1885, on l’y retrouve associé à G. Corbeau-Caulier. Il y restera
jusqu’en 1892. A cette époque, la brasserie occupait les numéros 10, 12,
14, 16 et 29 de la rue Herry. En 1893,
l’exploitation de la brasserie en pleine expansion est poursuivie par les frères Caulier (Almanach du Commerce
1878, Annuaire du Commerce 1895). La brasserie continua de s’étendre et
se fit connaître sous le nom de « Brasserie
Caulier ». Elle était située aux numéros 4 à 26 de la rue
Herry, tandis que les écuries occupaient les numéros 27 à 31 et que
la mise en bouteille s’effectuait un peu plus loin aux numéros 18 à 24 de la
rue Willem Demol. Entre 1959 et
1963, elle fut transformée en société
anonyme (Annuaire du Commerce 1935-1959-1963). En 1964, elle fusionne avec la brasserie Impérial d’Anderlecht. Cette dernière
s’installe à la rue Masui 15-47 et sera plus tard renommée « Brasserie de Ghlin » (Annuaire du
Commerce 1970-71). La brasserie Caulier poursuivit ses activités à la rue
Herry jusqu’en 1971, année où
elle fut expropriée dans le cadre du gigantesque projet
« Manhattan ». La production fut déplacée vers un terrain
industriel près de Mons et on
assista à la naissance de la « SA
Brasserie de Ghlin » (ensuite « BRASSICO » ??)
résultant de la fusion des
brasseries Caulier et Impérial avec
la brasserie Labor de Mons. Cette fusion devait toutefois être fatale au groupe et, en 1978 (?1971, selon le OPA-gids), ses
activités sont reprises par la brasserie Piedboeuf. Celle-ci (Interbrew)
allait définitivement fermer ce site en 1993. (traduit de
« Bier en Brouwerijen te Brussel – van de Middeleeuwen tot vandaag »
)
En 1959/60, elle fut transformée en société
anonyme (Annuaire du Commerce 1935-1959-1963). A la même
époque, elle fusionne avec la brasserie Impérial d’Anderlecht. Cette
dernière à l’étroit dans ses locaux de la rue de la Clinique, installe ses
unités de production à la rue Masui 15-47. Le 30 septembre 1960, une nouvelle entité juridique « S.A. Brasserie de
Ghlin » est créée avec un capital de départ de 225.000.000 BEF constitué
d’un apport en nature ou en espèce
par :' La S.A. BRASSERIE
CAULIER' La S.A. BRASSERIES
IMPERIAL' La S.A. BRASSERIES
LABOR-HAINAUT REUNIES' La S.A.
BRASSERIE ROYALE DE LAEKEN, en
liquidation' La S.A. BRASSERIES
REUNIES COUSIN ET DE RAUW, en liquidation'
La S.C. CODIBRA (Coopérative de direction de brasseries)'
La N.V. NIEUWE BROUWERIJEN JACK-OPL’apport en nature comprenait
principalement :' Des bâtiments
et terrains à bâtir situés à Bruxelles, Anvers, Anderlecht et Mons ;'
Divers bâtiments loués à l’usage de débits de
boisons ;' Du matériel de
brassage dont une grande partie sera installée dans la nouvelle centrale de
production de la Brasserie à
Ghlin ;' Des actions de la S.A.
« LA SEMI », siège social 10 rue Herry à Bruxelles, qui est
propriétaire :o Soit de
bâtiments mis à la disposition de débits de
boisons ;o Soit de diverses
créances dont l’exécution est garantie par les S.A. BRASSERIES CAULIER –
IMPERIAL et LABOR-HAINAUT REUNIES chacune pour la partie concernant leur
clientèle respective. Le
même jour une Assemblée Extraordinaire des actionnaires décide de porter le
capital à 390.000.000 BEF par la création de 165.000 nouvelles actions. Il s’agissait apparemment d’une construction juridique
assez compliquée, puisque les S.A. CAULIER, IMPERIAL et LABOR-HAINAUT
continuaient d’exister et avaient signé, avec la nouvelle entité (toujours le
30/09/60), un contrat (entrant en vigueur lorsque les nouveaux bâtiments
seraient construits) stipulant que :q
La S.A. BRASSERIE CAULIER construira une salle de brassage sur un terrain qui
lui appartient ;q La S.A. BRASSERIE DE
GHLIN construira une salle de brassage sur un terrain qui lui appartient et
contigu à la salle de brassage de la BRASSERIE
CAULIER ;q La S.A. BRASSERIES
LABOR-HAINAUT acquèrera un terrain à proximité immédiate des deux autres
terrains et y construira une salle de brassage qui restera sa
propriété ;q La S.A. BRASSERIE DE
GHLIN a prévu de mettre ses installations et ses services à la disposition de
la S.A. BRASSERIE IMPERIAL pour la fabrication de ses bières.Les bières
produites par ou pour les brasseries CAULIER, IMPERIAL et LABOR-HAINAUT restent
leur propriété et sont vendues et facturées directement par elles-mêmes. Enfin,
la S.A. BRASSERIE DE GHLIN se réserve le droit de conclure un contrat semblable
avec d’autres brasseries. C’est ainsi que les clients recevaient des
factures à l’en-tête de la Brasserie de Ghlin, mais comportant un décompte avec
le montant dû à chacune des brasseries du groupe. La brasserie Caulier
poursuivit certaines activités à la rue Herry jusqu’en 1971,
année où elle fut expropriée dans le cadre du gigantesque projet
« Manhattan ». Quant au nouveau groupe « S.A. BRASSERIE DE GHLIN », le ballon d’oxygène de 1960 ne fut pas
suffisant pour éviter des difficultès financières et, au début des années 70,
il fut repris par le second brasseur américain de l’époque Schlitz
qui bénéficia pour ce faire d’importants subsides de l’Etat. Par cette reprise,
Schlitz avait l’intention de créer une tête de pont sur le continent européen
pour les bières américaines. Un point important avait cependant été perdu
de vue : les besoins et la tradition du marché, surtout dans un pays
brassicole comme la Belgique. La tradition et le goût ne peuvent pas être
simplement jetés par dessus bord dans un pays de connaisseurs en matière de
bière (source « Bier » de W. Patroons – voir
bibliographie). Après la faillite de Schlitz, le premier-ministre de
l’époque E. Leburton intervint auprès des deux plus grandes brasseries belges
de l’époque Piedboeuf et Artois,
afin qu’elles s’entendent pour poursuivre les activités de la Brasserie de
Ghlin. Cette entente, d’abord secrète, allait à terme mener à la création d’un
nouveau groupe brassicole dénommé BELBREW,
puis INTERBREW, pour devenir récemment INBEV.
En 1971 est donc créée la S.A. BRASSICO et
de gros investissements sont consentis sur le site de Ghlin en vue de produire
et de distribuer une pils, la « Jupiler 5 »,
qui allait devenir le cheval de bataille de Piedboeuf. Des
nombreuses bières des anciennes brasseries, seule la « Horse-Ale »
survivra (elle fait d’ailleurs toujours partie de l’assortiment de
INBEV). Les activités brassicoles vont
encore se poursuivre pendant une vingtaine d’années sur le site de Ghlin,
jusqu’à ce qu’ Interbrew décide de le fermer définitivement. Le 2
juillet 1993, un dernier soutirage de 36.000 bouteilles de
« Jupiler », exclusivement destinées au personnel, est effectué. Le site a ensuite été reconverti en zoning industriel et abrite, entre
autres, l’ « Expo Center Mons » où sont organisées, comme son nom
l’indique, des expositions, mais aussi des foires, des brocantes, etc.




