Brasserie Ixelberg

 

 

Cette brasserie est née en 1954 de la fusion des "Grandes Brasseries d'Ixelles" et des "Grandes Brasseries de Koekelberg.

Partie I: Les Grandes Brasseries d'Ixelles

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Au début du mois de mars 1859, JEAN LANNOY âgé de 25 ans, quitta après un stage de plusieurs années la brasserie paternelle de Menin et vint s'installer à Ixelles. Il exploita durant quinze années une brasserie située rue de la Digue à Ixelles aux environs des rues actuelles de la Brasserie, de la Cuve, de l'Orge et du Serpentin, près de la place Ste Croix. Le chiffre d'affaires de la Brasserie Jean Lannoy s'accrut rapidement grâce à la vente d'une excellente bière à fermentation haute, très peu connue dans la région, mais qui était fort appréciée dans les Flandres. Cette bière acquit bientôt une grande renommée et lors de l’épidémie de choléra qui sévit à Bruxelles, en 1866, les sommités médicales la recommandèrent tout spécialement comme boisson hygiénique. 

Les affaires prenant de plus en plus d'extension, JEAN LANNOY résolut en 1873 de construire une nouvelle usine et acheta dans ce but un vaste terrain en bordure de la chaussée de Vleurgat.

 

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Quelques années plus tard, la brasserie JEAN LANNOY devenait une des plus importantes brasseries du pays ; elle déclarait à cette époque le versement de plus de 1.200.000 kg de malt, bien que la vente de ses produits fût limitée à l’agglomération bruxelloise. En 1911, JEAN LANNOY, âgé de 77 ans, céda ses affaires à ses trois fils, Maurice, Victor et Henri, qui continuèrent l’exploitation de la brasserie sous la dénomination de "Brasserie Lannoy Frères, Société en nom collectif". Un an plus lard, devant la vogue de plus en plus grande de bières à fermentation basse, Maurice, Victor et Henri virent la nécessité de s'adjoindre la fabrication de ce genre de bière. Cette fabrication nécessitait la transformation complète de l'usine. Celle-ci était en cours lorsque la terrible tourmente de 1914 vint paralyser en partie les travaux et arrêter momentanément le développement de la brasserie, mais dès l’armistice, la Brasserie Lannoy Frères présentait au public toute la gamme des bières à fermentation basse et grâce à la qualité de leurs produits, prenaient une des premières places dans l’industrie brassicole du pays.  Devant l'extension que prenait la vente, les frères LANNOY crurent utile en 1921 de transformer la société en nom collectif en Société Anonyme, sous la dénomination de "GRANDES BRASSERIES D'IXELLES".

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La renommée des bières d'Ixelles s’étendit rapidement dans tout le pays et bientôt la production fut doublée par la vente des bières en province. En 1932, les GRANDES BRASSERIES D'IXELLES déclaraient l'emploi de plus de 4.500.000 kilos de malts, occupant dans l'ordre d’importance la cinquième place parmi les brasseries du pays. Au cours de la seconde guerre mondiale, l’activité de la Société Anonyme Grandes Brasseries d'Ixelles fut fortement réduite.  En 1954, la S.A. Grandes Brasseries d'Ixelles fusionna avec la S.A. Grandes Brasseries de Koekelberg. La nouvelle Société Anonyme sous le nom d'lxelberg installa son siège de fabrication à Koekelberg. Les bâtiments de la S.A. Grandes Brasseries d'Ixelles de la chaussée de VIeurgat furent vendus à la Croix Rouge de Belgique, et ceux au front des étangs d'Ixelles à un agent immobilier qui y construisit un building. En décembre 1966, la S.A. Brasserie Vandenheuvel devint majoritaire à Ixelberg. Au début de 1968, les quatre administrateurs propriétaires de Vandenheuvel vendirent leur brasserie, en même temps que les actions d’Ixelberg qu’ils possédaient, à la brasserie Watney de Londres. Le groupe minoritaire Ixelberg négocia la vente de ses titres. Les autres actions furent rachetées au cours d’une O.P.A. le 14 mars 1968, les Brasseries Vandenheuvel et Ixelberg sont devenues définitivement la propriété de Watney, qui en décembre 1969 fonda la société Vandenheuvel Ixelberg qui continua quelque temps la gestion de ses actifs commerciaux.

 

 

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Partie II: Les Grandes Brasseries de Koekelberg

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 Munich, Bock et Pilsen ont enivré Melbourne, Paris et... Munich! Les bières allemandes de l'avenue de la Liberté ont disparu dans les années 70. Les facultés Sint-Aloysus y brassent désormais les idées. Quel amateur de bière aurait cru que le fameux Bock de Koekelberg était né du savoir-faire de brasseurs allemands? Et que cette brasserie, financée par des capitaux bruxellois, avait pour objectif de concurrencer non seulement les bières de Bohème et de Bavière, mais peut-être surtout celles que l'echte brusseleir Vandenheuvel avait mis trente ans à imposer? Un mot d'abord sur la commune. Mitoyenne du "petit Manchester", entendez Molenbeek,  Koekelberg est coupée naturellement du nord au sud par le chemin de fer, et d'est en ouest par le boulevard Léopold II. Vers 1880, de grands ensembles industriels s'y implantent: la brasserie De Boeck, en 1877 et, dix ans plus tard, le "château industriel" que les Grandes Brasseries de Koekelberg érigent face au parc Elisabeth, avec ailes et pavillons d'angle, s'il vous plaît. LE COQ PERCHÉ SUR UN TONNEAU Le terrain, acheté deux ans auparavant, appartient à trois riches bruxellois parmi lesquels le très honorable Guillaume Buccholtz. Leur projet: dépasser la crise du secteur brassicole traditionnel et investir dans les bières à fermentation basse, dont l'importation en provenance d'Allemagne et de Bohème augmente de jour en jour. Si les chaudières et machines des brasseurs belges sont souvent d'origine étrangère, les procédés de fabrication, eux, font la fierté d'artisans bien de chez nous. Ce ne sera pas le cas à Koekelberg. La société créée en 1886 ne cache pas son jeu et son appellation ne laisse aucun doute: "Brasserie des bières allemandes de Koekelberg". Les installations sont créées par un ingénieur d'Offenbach-sur-Mein, Neubecker... Six mois plus tard, un autre allemand entre dans l'affaire, un marchand de houblon. Le directeur de la brasserie vient de Bohème. Son fils, formé à Koekelberg, lui succédera. Autant dire que l'établissement n'est pas typiquement bruxellois, si l'on excepte les fonds... et le personnel ouvrier. La première année le rendement est moitié moindre qu'espéré. De nouveaux actionnaires s'engagent dont le fameux Duden (qui donnera son nom à un parc forestois), ainsi qu'un ancien brasseur bruxellois devenu échevin. Ceux-ci se rendent-ils compte que la référence à l'Allemagne n'est pas très commerciale? Il faut le croire, puisqu'un changement d'appellation est décidé. En décembre 1887, la "Grande Brasserie de Koekelberg" est née, avec son coq, perché sur un tonneau.  ENTRE MÉDAILLES ET PROCÈS En 1888, la brasserie se présente au Grand Concours international des Sciences et de l'Industrie qui se déroule aux abords du Cinquantenaire: elle rafle la médaille d'or. La même année, la bière de Koekelberg reçoit un premier prix à Melbourne, puis une nouvelle médaille, à Paris cette fois, en 1889, avant de conquérir Londres, Amsterdam et... Munich. Cette fois, c'en est trop. Ce n'est pas de chez nous que vient la riposte mais des brasseurs allemands. Ils attaquent en justice pour appellation fallacieuse. Mais il n'a jamais été écrit nulle part que la "Munich-Hahnenbraü", brassée dans le nord de Bruxelles, était faite en Bavière. L'Union des brasseurs allemands est déboutée. Cinq ans après sa création, la brasserie est cotée en Bourse et la production atteint ses objectifs: 50.000 hectolitres par an, partagés entre la Bock, limpide et mousseuse à souhait, la Munich, plus foncée mais moins alcoolisée, et enfin, la Pilsen, une bière cristalline à l'avenir prometteur. Même la compagnie Internationale des Wagons-Lits possède son étiquette personnalisée sur les bouteilles de la Grande Brasserie de Koekelberg, que cette dernière expose fièrement à l'Exposition Internationale du Solbosch en 1910. Bientôt la société acquiert de nouveaux bâtiments, avenue du Panthéon, emploie 75 personnes et entretient une cavalerie de 24 chevaux. Au conseil d'administration, à côté d'un vieux professeur de l'université d'Heidelberg, c'est un nouveau venu qui fait son apparition: Pierre Walckiers. Il dynamisera la fabrique jusqu'à sa mort en 1937. 


 

 

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 En 1914, le cuivre et le zinc de la salle de brassage sont débités pour se retrouver fondus dans les usines de munition. L'approvisionnement en orge et houblon est inexistant. La bière est un ersatz fait de pois, de haricot ou de betterave! Les brasseries spécialisées dans la fermentation basse se mettent d'accord pour ne pas se concurrencer inutilement. Elles s'en relèveront d'autant mieux après-guerre, alors qu'à travers le pays un millier de petites brasseries ne se relèveront pas.  DANS LES COLONNES DU "SOIR" L'entre-deux-guerres est le signe d'un nouveau départ: modernisation des installations, doublement des ventes en cinq ans, nouvelles distinctions honorifiques. Pour ses 40 ans, dans une grande opération de séduction et de publicité, la Brasserie de Koekelberg ouvre ses portes au public. La brasserie apparaît au journaliste du Soir, qui rapporte l'événement en avril 1927, comme un ensemble quasi cubiste avec des silos en pyramide, des cheminées d'aspiration et de grandes cloches de cuivre rouge. Les visiteurs fascinés découvrent une mécanique autonome qui commence au quatrième étage, sous une incroyable terrasse panoramique, par le polissage et le concassage du malt. Invisible, la matière descend dans diverses salles, puis dans des cuves et des refroidissoirs. Enfin, le précieux liquide atteint les caves et les énormes citernes aux dimensions babyloniennes. Albert Bergé, célèbre chimiste, se fend d'un rapport éloquent sur la composition parfaite des trois bières de Koekelberg. Bref, tout va pour le mieux, et 5% des bénéfices sont distribués aux ouvriers en fin d'année. Les soins médicaux sont assurés gratuitement au sein de l'usine et la brasserie s'affilie à une caisse de compensation familiale.

 

 

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 Après la Seconde guerre mondiale, la Brasserie de Koekelberg absorbe la brasserie d'Ixelles des frères Lannoy et abrège son nom en "Ixelberg". En 1963, elle se paie la brasserie Roelandts de Schaerbeek, propriété des Vandenheuvel depuis 1954. Mais elle ouvre ainsi son conseil d'administration à Emile de Béco, qui n'en fera qu'une bouchée, six ans plus tard, créant l'éphémère appellation "Vandenheuvel-Ixelberg". La suite est connue. Le britannique Watney achète la brasserie Maes. En 1970, l'ogre d'outre-Manche avale Vandenheuvel et consorts et depuis 1975, les amateurs comme les piliers de comptoirs regrettent les Pils, Ekla, Export et autres Bock de Bruxelles.  Quant au fameux "château" de Koekelberg, il n'en subsiste qu'un mur de soubassement au fond d'un terrain vague, face à l'université flamande catholique de Bruxelles. Qui sait si un seul de ses étudiants en connaît l'origine? Source : SYLVIE LAUSBERG (LE SOIR - 04/08/1999) 

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